30.11.2008
suicides

suicides, 08-11-30
extraits
Le souhait revendiqué de choisir sa fin de vie
Il arrive parfois que le suicide soit décidé non pour répondre directement à une souffrance mais pour ne pas vivre le futur qui s'annonce (1) : perte d'autonomie, handicap, démence...
Car les progrès de la médecine peuvent aussi avoir des effets pervers : en allongeant la durée de vie, ils augmentent le nombre de personnes ressentant leur fin de vie comme une déchéance insupportable.
Autre conséquence : ces progrès permettent de dépister des maladies pour l'heure incurables, par exemple des maladies neuro-dégénératives avec un diagnostic certain de démence à venir, le seul élément d'incertitude restant la date d'apparition.
Face à des prédictions d'une telle violence ou à des fins de vie dans des conditions d'invalidité non tolérées, certaines personnes revendiquent le choix d'interrompre leur vie librement, souvent dans le but, disent-elles, d'épargner à leurs proches le douloureux accompagnement de ce type de fin de vie.
Farouchement opposés à cet argumentaire, de nombreux médecins et scientifiques posent la question autrement : est-ce bien vivre sa liberté ou cesser d'être libre que de disparaître ?
Pour sortir du dilemme philosophique, ils avancent une autre hypothèse :
le suicide est trop souvent un non-choix, le résultat d'une impuissance, d'une prise en charge inadaptée et un échec de chacun et de tous.
Du droit au suicide… à l’aide au suicide ?
Il arrive que certaines personnes atteintes d'une maladie incurable en phase terminale demandent une assistance médicalisée pour mourir.
Soit parce que les soins palliatifs ne les soulagent pas, soit parce qu'elles n'y ont pas accès, soit parce qu'elles les refusent(1).
Or, aujourd'hui, la « mort donnée », c'est-à-dire l'euthanasie active, est interdite en France.
Seule la mort violente (pendaison, arme à feu, défenestration…) est de fait possible :
la fourniture de pilules pour mourir à coup sûr et en douceur nécessite une organisation sociale, laquelle a été mise en place dans plusieurs États :
Suisse (2), Belgique, Pays-Bas, Oregon (États-Unis).
Après évaluation, il ressort que 75 % des personnes candidates au « suicide assisté » reviennent finalement sur leur décision.
De plus, selon une étude récente (3), la mort médicalement assistée n'entraînerait pas une augmentation du nombre global de suicides ; elle resterait donc marginale.
Des arguments repris par l'Association française pour le droit de mourir dans la dignité qui appelle plus que jamais le gouvernement à ouvrir un débat sur la fin de vie.
D'autres courants philosophiques ou religieux refusent ce glissement, dangereux selon eux, vers le contrôle de la mort par la société.
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Ce fut le cas de l'actrice Maïa Simon qui, atteinte d'une maladie incurable, a décidé, en septembre 2007, de mettre fin à ses jours en se rendant en Suisse où l'aide au suicide est autorisée.
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En 2006, l'association suisse Dignitas a pratiqué 196 suicides assistés. Parmi eux, 120 Allemands, 16 Anglais, 15 Français, 12 Suisses, le reste se partageant entre différents pays.
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Source : Journal of Medical Ethics, 33, p 591, 1er octobre 2007.
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Commentaires
nos opposants défendent le point de vue des intégristes religieux, pour lesquels notre corps ne nous appartient pas (il appartient à Dieu), donc nous n'avons pas la liberté de choisir, cela est contraire aux droits de l'homme:
le droit à l'auto-détermination, donc le droit d'un homme de décider lui-même, quand et comment il veut mourir, est garanti par l'article 8 paragraphe 1 de la Convention des droits de l'homme européenne. ce droit s'étend aux hommes qui souffrent de dérangements psychiques, à condition qu'ils se trouvent dans une période où ils ont leur jugement intact, confirmé par un jugement récent de la cour européenne de justice
ensuite, nous ne demandons pas l'aide à l'autodélivrance pour ceux qui n'en voudraient pas, bien évidemment, alors que l'on sait qu'actuellement, bien des euthanasies sont pratiquées en cachette sans l'avis de l'intéressé.
nous voulons seulement que le médecin cesse de décider à notre place
qu'on respecte la volonté de chaque personne,
qu'elle veuille vivre ou survivre, y compris dans un état lamentable,
ou qu'elle veuille cesser de vivre dès lors que sa dignité est atteinte (il n'y a qu'elle pour le décider),
et alors il est normal de pouvoir l'accompagner et l'aider, dans le but de soulager ses souffrances.
Ecrit par : jsalenson | 30.11.2008
Je n'avais pas remarqué l'existence de votre blog sur midiblogs.com.
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Ecrit par : DELAVANT | 01.12.2008
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